Ce mardi 12 mai, lors d’une séance de questions orales sans débat à l’Assemblée nationale, le député Yoann Gillet a interpelé le Gouvernement sur l’entrée récente d’un représentant des Étudiants Musulmans de France (EMF) au sein du Centre national des œuvres universitaires et scolaires (Cnous).
Le député du Gard a rappelé que cette instance, centrale dans l’enseignement supérieur, pilote notamment les bourses étudiantes, les restaurants universitaires et les résidences étudiantes, participant ainsi directement à l’organisation de la vie quotidienne de millions d’étudiants en France.
Yoann Gillet a souligné que l’organisation EMF ne constitue pas « une simple association étudiante parmi d’autres ». En s’appuyant sur des travaux récents, notamment sur le rapport des services de renseignement français consacré aux Frères musulmans et à l’islamisme en France, il a rappelé que cette organisation est présentée comme une « structure frériste » développant des stratégies d’influence dans les milieux éducatifs, associatifs et étudiants.
Le député a également mis en garde contre « des logiques d’entrisme, de dissimulation et d’implantation progressive au sein des institutions », évoquées dans ce même rapport.
Au-delà du seul cas des EMF, le député, par ailleurs porte-parole du Rassemblement National, a dénoncé une progression plus large de l’islamisme dans la société française, particulièrement auprès d’une partie de la jeunesse.
Face à ce constat, Yoann Gillet a alerté sur « un recul des repères liés à la laïcité », « une banalisation des revendications communautaristes » ainsi qu’« une contestation croissante de la neutralité dans les espaces publics et universitaires ».
Yoann Gillet a enfin demandé au Gouvernement quelles mesures il entendait prendre afin de prévenir tout risque d’entrisme islamiste dans l’enseignement supérieur. Il a notamment interrogé le ministre sur l’éventuelle ouverture d’une enquête administrative approfondie concernant les EMF, leurs financements et leurs liens organisationnels.
Le député a également proposé l’instauration d’une charte de respect des principes de laïcité conditionnant l’accès aux élections étudiantes et aux instances de gouvernance universitaires.