Du 29 juillet au 6 août 2026, Yoann Gillet, député du Gard, par ailleurs porte-parole du Rassemblement National (RN), s’est rendu à La Réunion dans le cadre de sa mission de rapporteur pour avis de la commission des lois sur les crédits « Outre-mer » du projet de loi de finances 2027.
Rapporteur pour la cinquième année consécutive sur le budget Outre-mer à la demande de Marine Le Pen, Yoann Gillet a fait de ce déplacement un principe de méthode : aucun chiffre budgétaire ne vaut sans être confronté au terrain. Pendant dix jours, à un rythme soutenu, le parlementaire a multiplié les déplacements qui lui ont permis de vérifier, sur pièces, ce que ses interlocuteurs réunionnais dénoncent depuis des années.



Sécurité et justice : une île à bout de souffle
Au Port, puis au centre de tri de la Douane, Yoann Gillet a obtenu la confirmation d’une réalité alarmante : les saisies de cocaïne doublent chaque année depuis 2021, celles de cathinones de synthèse explosent, et les stupéfiants continuent d’affluer par voie postale sous les yeux d’une administration à qui l’on refuse les moyens de contrôler plus de 1 % des conteneurs.
Reçu par le directeur interdépartemental de la police nationale, puis par la Procureure et le président par intérim du tribunal judiciaire de Saint-Denis, le député a une nouvelle fois pointé un rattrapage budgétaire de la justice engagé trop tard et encore trop timide, tandis que le centre pénitentiaire de Saint-Denis affiche une surpopulation carcérale insoutenable : 1 010 détenus pour 575 places.
C’est pour dénoncer cette situation avec d’autant plus de force que Yoann Gillet a choisi de vivre l’engagement des forces de l’ordre de l’intérieur, lors d’une immersion de nuit de plus de cinq heures avec un équipage de la BAC de Saint-Denis, puis lors d’une patrouille nocturne avec le PSIG de Saint-Benoît. Sa rencontre avec le général de brigade Étienne Martinez, commandant de la gendarmerie de La Réunion (815 gendarmes d’active et 325 réservistes), a scellé le constat d’effectifs sous-dotés au regard de l’ampleur de la tâche.








Vie chère, chômage, logement : une économie sous perfusion
Les échanges avec le directeur de l’IEDOM, que le député RN a rencontré, ont confirmé une trajectoire préoccupante : +25 % de dossiers de surendettement chaque année, et un écart de prix de 37 % sur les denrées alimentaires par rapport à l’Hexagone, en augmentation constante. À Sainte-Clotilde, la direction de l’agence France Travail a validé un taux de chômage de 19 %, plus du double de la moyenne nationale — la preuve, pour le député, d’un territoire laissé sans réponse structurelle depuis trop longtemps.
Sur le logement, la visite d’un chantier de réhabilitation en site occupé et d’un terrain destiné au logement social de la SIDR a illustré une urgence chiffrée : 53 000 demandes en attente, quand la ligne budgétaire unique (LBU), pourtant seul véritable levier du logement social outre-mer, vient d’être amputée. Devant les chambres consulaires, Yoann Gillet a porté les revendications qu’il défend à l’Assemblée : une loi de programmation pour les Outre-mer, le maintien de la LODEOM, une LBU à la hauteur, la fin de l’excès de normes. Il a tenu, à l’inverse, à saluer les réussites locales, dont l’entreprise Soleil Réunion, qu’il a visitée. L’entreprise transforme 120 tonnes de fruits et légumes par an et exporte depuis 30 ans — la preuve qu’une politique économique volontariste peut porter ses fruits sur l’île.







Des services publics à bout de souffle
À la CAF de La Réunion, où 657 156 personnes — 73,5 % de la population — dépendent des prestations sociales, le constat rejoint celui dressé partout ailleurs sur l’île : la précarité y est structurelle, non conjoncturelle. Au CHU, dont la qualité des soins est unanimement saluée mais dont la saturation contraint des patients à attendre sur des brancards aux urgences, ainsi qu’auprès de l’Agence Régionale de Santé, Yoann Gillet a redit la nécessité d’adapter la réglementation nationale aux réalités ultramarines plutôt que d’imposer des normes pensées depuis Paris. Le SDIS, où 913 pompiers professionnels et 1 295 volontaires assurent une mission exigeante, réclame un renforcement de ses moyens humains et matériels, notamment aériens — une demande que le député portera au budget. Au rectorat, où 215 000 élèves feront leur rentrée le 18 août, dont la moitié en zone d’éducation prioritaire, l’enjeu éducatif reste, pour Yoann Gillet, indissociable de celui de la sécurité et de l’insertion professionnelle.






Institutions et souveraineté
À l’Hôtel de Région, Patrick Lebreton, premier vice-président et maire de Saint-Joseph, a représenté la présidente Huguette Bello pour évoquer finances régionales, octroi de mer et projets structurants. Yoann Gillet a également rencontré la secrétaire générale des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) — collectivité unique qui incarne la souveraineté française et protège certains des écosystèmes les mieux préservés au monde —, ainsi que le président des tribunaux administratifs de La Réunion et de Mayotte, dont il a une nouvelle fois dénoncé le sous-dimensionnement des moyens.
Le parlementaire a également rencontré le maire de La Plaine des Palmistes, Johnny Payet, avec qui les difficultés des collectivités locales — notamment la baisse des contrats PEC — ont été passées en revue, avant une visite du CCAS.
Yoann Gillet a achevé ce déplacement avec une conviction renforcée plutôt qu’une découverte : celle que les Réunionnais paient le prix d’un État trop souvent absent ou négligent. Il a tenu à saluer l’accueil de tous les acteurs rencontrés ainsi que l’engagement quotidien des forces de l’ordre et de secours, et à réaffirmer que les Français ultramarins sont des Français à part entière, qui ne sauraient être traités avec mépris. Ces constats de terrain nourriront directement le rapport qu’il présentera à l’Assemblée nationale lors de l’examen du projet de loi de finances 2027.



